Plusieurs études, certaines rétrospectives, d’autres prospectives, la plus ancienne datant de 1965, ont montré que le tabagisme était associé à un risque accru de développer une Sclérose en plaques (SEP).

Ces études ont été menées sur des populations différentes et aussi bien sur l’homme que sur la femme.

D’autres études ont aussi montré qu’une fois la sclérose en plaques (SEP) installée, le tabagisme favorisait la progression de la maladie et aggravait la charge lésionnelle en imagerie cérébrale.

C’est ainsi qu’en 2001, des chercheurs canadiens ont étudié la consommation de tabac chez 197 nouveaux cas de sclérose en plaques (SEP) durant l’année précédant l’apparition de la maladie, en la comparant à 202 contrôles. 

Le risque était augmenté de 60% chez les fumeurs par rapport aux non-fumeurs et était encore plus élevé chez les « gros » fumeurs (risque doublé en cas de consommation de 20 à 40 cigarettes par jour, quintuplé en cas de consommation de plus de 40 cigarettes par jour). 

Egalement en 2001, une étude américaine prospective portait sur le suivi de 238.371 infirmières américaines, dont 315 allaient développer une sclérose en plaques (SEP). 

L’incidence de la sclérose en plaques (SEP) était de 60% plus élevée chez les fumeuses que chez les non-fumeuses et parallèle à la durée et à l’importance de la consommation de tabac exprimée en années-paquets.


Des études concordantes

Des résultats comparables ont été obtenus dans une population norvégienne de 22.312 habitants dont 87 individus souffraient de sclérose en plaques (SEP). 

Le risque de développer la maladie était deux fois plus grand chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.

Un risque augmenté de 30%, toujours statistiquement significatif, a été observé dans une population britannique en comparant 201 patients atteints de la sclérose en plaques (SEP) et 1913 contrôles. 

Une méta-analyse des 6 études les plus représentatives et les plus solides sur le plan méthodologique conclut à un risque de développer une sclérose en plaques (SEP), de 21 à 51% plus élevé chez les fumeurs par rapport aux non-fumeurs. 

Une toute dernière étude publiée en septembre 2009 confirmait un risque augmenté de 40% chez les fumeuses, de 80%  chez les fumeurs, et corrélée à la dose cumulée d’années-paquets. Il fallait une abstinence de 5 ans pour retrouver un risque identique à celui des non-fumeurs.

Moins bon pronostic chez les fumeurs


Fumer est aussi un facteur de risque pour faire une deuxième poussée de sclérose en plaques  (SEP) après une première manifestation de la maladie

Fumer est aussi un facteur de risque pour faire une deuxième poussée de sclérose en plaques  (SEP) , après une première manifestation de la maladie: sur une période de 3 ans, 75% des fumeurs, mais seulement 51% des non-fumeurs présentaient une deuxième poussée desclérose en plaques  (SEP), qui devenait ainsi cliniquement certaine (risque relatif de 1,8; p = 0.008). 

Deux études montrent aussi une évolution plus rapide de la maladie, avec passage plus précoce dans la phase secondaire progressive.

 Ces résultats n’ont cependant pas été confirmés par un troisième groupe.

Les fumeurs précoces, avant l’âge de 15 ans, étaient aussi prédisposés à une forme d’emblée progressive de la maladie et dans l’ensemble, les fumeurs actuels ou passés avaient une sclérose en plaques  (SEP) de moins bon pronostic que ceux qui n’avaient jamais fumé.

Enfin, une autre étude très récente, publiée en août 2009, montre que le fait de fumer est associé à un plus grand nombre de plaques en imagerie cérébrale, à une atrophie cérébrale plus marquée et à une fréquence accrue de rupture de la barrière hémato-encéphalique, première étape vers la formation de nouvelles lésions ou l’extension de lésions déjà existantes.

Effets toxiques multiples

Quels sont les mécanismes qui pourraient lier l’apparition et la progression de la sclérose en plaques  (SEP) avec le tabagisme? 

On en est réduit à des hypothèses, mais il faut faire remarquer que le tabagisme est aussi associé à d’autres maladies auto-immunes telles que le lupus érythémateux, la polyarthrite rhumatoïde et la maladie de Crohn. 

La nicotine pourrait augmenter la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique et permettre ainsi l’influx de lymphocytes auto-réactifs dans le tissu cérébral. 

La fumée de tabac pourrait avoir un effet toxique direct sur les gaines de myéline à cause du cyanide et du thiocyanate présents dans le sang des fumeurs.

Ces produits sont myélinotoxiques sur des cultures de tissu contenant de la myéline.

Les fumeurs ont aussi un taux plus élevé d’oxyde nitrique (NO) dans leur sang. 

Or, les axones démyélinisés sont très sensibles au NO, qui peut provoquer des blocs de conduction nerveuse et une dégénérescence des fibres nerveuses. 

Ceci expliquerait dès lors l’entrée plus rapide en phase secondaire et l’atrophie cérébrale plus importante observée en résonance magnétique. 

Enfin, le tabagisme peut favoriser les infections des voies respiratoires supérieures qui elles-mêmes sont des facteurs déclenchant de certaines poussées.


Il faut donc promouvoir l’arrêt du tabac chez les personnes souffrant de sclérose en plaques (SEP) et aussi dissuader les enfants dont l’un des parents souffre de cette maladie, de commencer à fumer puisque ils ont déjà un risque plus élevé (2,5%) par rapport à la population générale (0,1%).

(source Fondation charcot)


Fumer augmente les risques de développer la sclérose en plaques (SEP). Surtout quand on commence jeune et qu’on est un homme.

Plus de risques de sclérose en plaques (SEP)


Fumer est très mauvais pour la santé. Mais apparemment, outre les risques accrus de cancer, le tabagisme jouerait également un rôle négatif dans l’apparition de la sclérose en plaques (SEP).

Fumeur précoce ou tardif?

Une première étude  a divisé un groupe de personnes atteintes de sclérose en plaques  (SEPen trois: les fumeurs précoces (qui ont commencé à fumer avant 17 ans), les fumeurs tardifs (après 17 ans) et les non fumeurs. 

Les données de chaque groupe ont ensuite été comparées avec celles de personnes qui n’ont pas la sclérose en plaques  (SEP).

Les fumeurs précoces plus à risque

Les résultats sont édifiants. Les fumeurs précoces ont 2,7 fois plus de risque de développer une sclérose en plaques  (SEP) que la normale! 

L’étude a également révélé que 32% des patients atteints de la sclérose en plaques  (SEP) sont des fumeurs précoces alors qu’ils ne sont que 19% chez les non malades à avoir grillé leur première cigarette durant l’adolescence. 

Par contre, l’étude n’a pas démontré un risque plus grand de développer la maladie chez les fumeurs tardifs par rapport aux non fumeurs.

Les hommes encore plus à risque

Une autre étude (2) a comparé 902 patients atteints de la sclérose en plaques  (SEP) à un échantillon de 1855 personnes non malades, âgées de 16 à 70 ans. 

Là aussi les résultats sont sans appel. 

Les chercheurs ont découvert que les fumeuses ont 1,5 fois plus de risque de développer une sclérose en plaques  (SEP) que les femmes qui ne fument pas. 

Quant aux hommes fumeurs, leur risque de développer la maladie est deux fois plus élevé que chez les non-fumeurs.

Le tabac, c’est tabou?

Bien que les mécanismes qui relient tabagisme et sclérose en plaques  (SEP) sont encore mal connus, une chose est sûre: voilà un argument de plus pour ne jamais commencer, et surtout pas quand on est jeune!

(source medipedia)



Ce que contient la cigarette :


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